24 avril 2009

L'artichaut : le cœur a de la santé

Café des Sciences du Pays de Morlaix du 4 Juin 2009


Lieu : chez Chantal et Thierry James
" Le Kool "
3 place de l’Eglise
29420 PLOUVORN

02 98 61 36 97

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Intervenant :
Yves Hervé,
ancien directeur du centre INRA de Plougoulm
.




















Génétique et amélioration végétale

"En matière d'amélioration végétale, la Bretagne a su mettre de son côté tous les atouts, en associant étroitement les producteurs et les industriels aux programmes de recherche scientifique. Les organisations professionnelles financent ainsi 40% des recherches", commente Yves Hervé, - chercheur INRA(1), - directeur adjoint de la station d'amélioration des plantes du Rheu, en Ille et Vilaine, - ancien responsable de la station expérimentale de Plougoulm, dans le Finistère, - et professeur en sciences du végétal,

amélioration des plantes et biotechnologies végétales, à l'ENSAR à Rennes. (Y. Hervé, INRA Rennes).

L'amélioration de l'artichaut a été l’objectif essentiel de la station expérimentale de Plougoulm, dans le Nord Finistère, avant sa fermeture (il y a 3 ans). Aujourd’hui, une partie de la collection national GEVES-Inra du genre Cynara, est conservée à la station expérimentale de l’Inra à Ploudaniel (les autres collections étant réparties sur le territoire français, dont Cavaillon (Inra-Geves) et Perpignan (Sica Centrex)).

"Nous nous intéressons tout particulièrement aux productions légumières de la Bretagne, à savoir le chou-fleur, le brocoli, l'artichaut et l'échalote". Ces recherches sont très bien organisées : la création variétale est l'affaire de l'INRA et du Cerafel, le Comité économique agricole fruits et légumes de Bretagne. Une vingtaine de personnes (ingénieurs et techniciens) travaillaient à l'amélioration génétique des productions légumières de l'Ouest, sous la responsabilité scientifique de l'INRA. Aujourd’hui la création variétale au sein de la filière est soutenue

par le Cerafel et l’OBS, avec le soutien biotechnologique de BBV).

Une partie des créations se faisait au Rheu (comme le chou-fleur d'automne), une autre à Plougoulm, station fermée depuis des années, (chou-fleur d'hiver - printemps, artichaut, brocoli). Les biotechnologies, dont le marquage moléculaire et la technologie d’haplodiploïdisation, sont pratiqués par BBV Bretagne Biotechnologie Végétale, à Saint-Pol-de-Léon, où travaillaient jusqu'en 2001, en permanence un chercheur et un technicien de l'INRA.

La loterie de la création variétale

La partie expérimentale est particulièrement développée en Bretagne : elle est assurée par le CATE (Comité d'action technique et économique) et par l'OBS (Organisation bretonne de sélection). Ce dernier organisme est, d'autre part, le multiplicateur exclusif des semences créées par l'INRA et le CERAFEL.

Avec 300 000 tonnes par an (cf site du Cerafel pour les données actualisées), le chou-fleur breton représente 80 % de la production nationale. La France est le premier pays producteur de choux-fleurs et exporte la moitié de sa production. Pour l'artichaut, nous sommes dépassés par l'Italie et l'Espagne (de 3e dans les années 1990, nous sommes désormais 7e au rang mondial). Ce légume, d'origine méditerranéenne, a été peu à peu cultivé en Bretagne où les périodes de gel sont rares. Artichaut et chou-fleur sont des légumes complètement différents : leur seul point commun est d'être produits en Bretagne.

Les caprices du chou-fleur

Il existe plusieurs centaines de variétés de chou-fleur, ce qui permet toutes les combinaisons génétiques possibles et imaginables.

"Avec l'évolution des pratiques agricoles, certaines variétés anciennes risquaient de disparaître. C'est pourquoi il y a 10 ans, nous avons échantillonné les choux-fleurs de toute l'Europe, pour les besoins de la conservation,

mais aussi pour constituer notre banque de ressources génétiques !" Yves Hervé est à l'origine de cette vaste collecte.

La culture du chou-fleur est difficile : son cycle est très long (6 mois à plus d'un an) pour une période de récolte très courte (3 jours !). Cela nécessite de cultiver, en permanence, un grand nombre de variétés différentes, afin que les périodes de récolte puissent se succéder dans l'année, pour assurer une production continue. De là découle la nécessité de créer toujours plus de variétés.

L'artichaut, un clone

L'artichaut français, quant à lui, provient à 75% (cf données actualisées ci-dessous) d'une variété unique, le camus de Bretagne. Il ne se reproduit actuellement que par clonage, ce qui limite ses possibilités d'amélioration. "Nous avons réussi à créer un clone dont la productivité est améliorée de 30 %, un autre dont le rendement industriel, c'est-à-dire le poids du fond par rapport au capitule entier, passe de 12% à 18%." Une autre technique, la culture de l'artichaut sur semis, sera bientôt opérationnelle. Elle facilitera la culture et l'amélioration de l'artichaut breton. "Ce qui compte, ce ne sont pas nos succès de laboratoire, mais bien l'avenir de la profession légumière bretonne !", conclut Yves Hervé.

Quelques chiffres

  • France (±50 à 55000 T), 7e rang mondial.

  • Bretagne : (±40 à 45000 T ; 80 à 85% production française)

  • variétés :

  • Camus de Bretagne (60% de la production a lieu dans le Finistère),

  • Castel (30% production bretonne, dont 80% produit en Finistère)

  • Petit Violet de Provence (60 % production bretonne en Finistère)

  • Roussillon (±7000 T) et PACA (±1200 T) :
    60% production issue du Blanc Hyérois, le reste du Macau et du petit violet de provence.


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