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Énergies marines renouvelables
par Michel Paillard, chercheur à l'IFREMER
Leur exploitation n'est cependant pas au même stade de maturité. La première génération d'éoliennes en mer est en plein développement industriel.
Les énergies issues des vagues et des courants connaissent un véritable frémissement. Des applications de l'utilisation du gradient thermique se développent pour la production de froid ou d'eau douce dans la zone intertropicale.
Mais ces énergies d'origine mécanique ou thermique, dérivées de l'énergie solaire, sont consommatrices d'espace et donc en compétition avec d'autres usagers. Avec un fort potentiel en terme de ressource naturelle, quelles sont les perspectives et les contraintes du développement des énergies marines en France? "
Articles du Télégramme sur le sujet :
Énergie. Par vents et marées
Bretagne. Un bouquet énergétique
Le Télégramme - 30 décembre 2008
La mer est une importante source d'énergie.
Michel Paillard, ingénieur à l'Ifremer et coordinateur « énergies marines » en détaille les atouts.
Quelles sont les ressources en énergie marine en Bretagne ?
Il y en a trois principales : le vent, les vagues et la marée. L'énergie de la marée peut être récupérée sous deux formes : énergie potentielle, à l'exemple du barrage de la Rance ou énergie cinétique en exploitant à l'aide d'hydroliennes les courants de marée. On peut également tirer parti de la biomasse marine pour faire des algo carburants. Enfin, en Bretagne, on pourrait par exemple parfaitement utiliser l'eau de mer dans des pompes à chaleur. Dans l'exploitation des énergies marines, la France n'est pas vraiment en avance. Mais ce retard sur les énergies des vagues et des courants n'est pas rédhibitoire, car aucun dispositif étranger n'est réellement à un stade industriel commercial.
L'usine marémotrice de la Rance produit de l'électricité depuis 40 ans. Pourquoi n'y a- t-il pas eu d'autres réalisations en France ?
Pour réaliser ce barrage, il a fallu fermer un estuaire, ce qui a fortement perturbé le milieu marin. Il n'est pas sûr que l'on referait aujourd'hui le même type d'ouvrage. Néanmoins, les Anglais sont en train de rouvrir le dossier. Et des concepts nouveaux comme la réalisation de lagons artificiels en mer sont envisagés, notamment en Chine.
Où en est-on du développement de ces ressources ?
Le vent est une source d'énergie importante. La France possède la deuxième ressource européenne derrière l'Angleterre. Les éoliennes off-shore se sont beaucoup développées dans les pays d'Europe du Nord car les conditions y sont très favorables. Ce sont des zones sédimentaires où l'on peut avoir peu de fonds à une distance importante des côtes. En Bretagne, les fonds ont tendance à plonger plus rapidement. Jusqu'à 25 mètres de profondeur les techniques de pose des éoliennes off-shore sont simples. Au-delà, ça se complique, et c'est plus cher. Actuellement on étudie la possibilité d'installer des éoliennes sur des flotteurs, de façon à les éloigner des côtes.
Concernant l'énergie des vagues et celle des courants de marée, on peut penser qu'il y aura de nombreux projets de développement quand les technologies seront matures et les machines validées. Il convient de mettre en place des conditions permettant leur développement comme des sites d'essais en mer. Pour la Bretagne, il faut se placer
dans une vision de bouquet énergétique. Toutes les ressources doivent être considérées. Et il ne faut pas oublier que le développement des énergies marines, nouvel usage en mer, se fera si une concertation entre tous les usagers, notamment les pêcheurs, est engagée très tôt. Là, les services de l'État, la Région et les collectivités auront un rôle à jouer car il s'agit de ce qu'on appelle communément la Gestion intégrée des zones côtières.
Propos recueillis par Frédérique Le Gall
Les énergies renouvelables marines ont le vent en poupe, surtout dans une région comme la notre qui dispose de tout le potentiel nécessaire.
Voir le site de France3 Bretagne - http://ouest.france3.fr/
Énergie. Par vents et marées
Éolien maritime. Lancement du plan breton
Le Télégramme - 14 janvier 2010
Fin février, le plan éolien maritime breton doit être déposé sur le bureau de Jean-Louis Borloo. La première réunion départementale de concertation a eu lieu hier à Quimper.
400 à 500 éoliennes en Bretagne
«Pas un POS de la mer...»
«Pas d'éolien possible dans le Finistère...»
Note positive, les conchyliculteurs de Bretagne-Sud ont espéré un «développement des cultures offshore, comme au Japon».
* Plan d'occupation des sols.
- Jacky Hamard
L'offshore nordique en pointe
Le Télégramme - 30 décembre 2008
Si l'offshore éolien paraît encore un peu isolé en Bretagne, dans d'autres pays, au Danemark et en Suède notamment, il est entré dans le paysage depuis 1991.
L'échelle peut être importante : le site d'Horns Rev, sur la côte ouest du Danemark, représente 80 éoliennes de 2 MW, ce qui correspond à une puissance d?alimentation pour 250.000 habitants environ. Technologiquement, l'éolienne offshore elle-même est montée en puissance : de 450 kW à ses débuts, elle peut atteindre actuellement 3,6 MW, et
des puissances de 4 et 5 sont en tests. L'intérêt de l'éolien en mer ? « Le vent est plus fort et plus régulier », explique Michel Paillard, d'Ifremer . La possibilité en mer du Nord d'aller assez loin des côtes sur des fonds de moins de 20 mètres et d'installer les parcs sur des sédiments facilite les choses, à côté d'une culture nordique qui a intégré le souci des énergies renouvelables.
11 projets en France En France, c'est en 2002 que le gouvernement a impulsé une réflexion. Le pays doit aussi respecter une directive européenne, et passer, avant 2015, d'une production d'énergies renouvelables de 15 à 21 %. Un appel d'offres a été lancé en février dernier pour une puissance globale de 500 MW en mer d'ici 2007. Les résultats sont en cours d'examen mais onze dossiers ont été remis, pour la mer du Nord, la Manche, l'Atlantique et même la Méditerranée. De grands groupes sont derrière (Shell, Total, une filiale d'EDF notamment). Le choix de la localisation aurait été aussi dicté, pour partie, par la nécessité économique de pouvoir se connecter à un endroit intéressant sur le réseau final de distribution. La Bretagne n'est pas citée dans ces projets. Michel Paillard avance cette hypothèse : « Il y a très peu de sites de faible profondeur,
et la plupart des zones sont rocheuses ».
Les courants... Les courants marins constituent une autre possibilité de générer de l'énergie. « On est sorti des labos », commente Michel Paillard, pour dire qu'il y a déjà plusieurs prototypes d'hydroliennes à l'eau, certains pays étant plus avancés que d'autres (EDF envisage une installation en démonstration, soit en Bretagne, soit en Nord Cotentin, dans les années à venir). La France, avec de forts marnages, est potentiellement bien dotée en ce type d'énergie.
... et les vagues Et les vagues ? Les systèmes installés doivent résister aux tempêtes. « Beaucoup ont été essayés mais il y a eu beaucoup d'échecs », résume Michel Paillard. Pour autant, des systèmes sont testés (l'un, de 500 kW, est opérationnel en Écosse) et des projets, utilisant divers supports, existent.
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